Dossier documentaire · mise à jour 2026

Pustianaz et la revendication « von Priel »

Les actes actuellement retrouvés établissent qu’à Pola, le 3 juillet 1907, naît Josephus Henricus PUSTIANAZ, fils de Michael PUSTIANAZ et d’Euphemia SANDRI. La forme « von Priel » est attestée comme revendication familiale en décembre 1983, puis apparaît dans une mention marginale datée du 28 mars 1985. La décision du procureur du 8 mars 1985 à laquelle cette mention renvoie n’a pas encore été retrouvée.

Sommaire

Trois niveaux de preuve, sans raccourci. Cette page distingue les mentions portées par des actes contemporains, les usages ou récits familiaux, et les questions auxquelles les pièces disponibles ne permettent pas encore de répondre.

  • 1907 : Josephus Henricus PUSTIANAZ, fils de Michael Pustianaz et Euphemia Sandri.
  • 1954–1983 : Le patronyme PUSTIANAZ figure encore dans les archives australiennes conservées.
  • 1983–1985 : « de Priel » apparaît dans un faire-part, puis « PUSTIANAZ VON PRIEL » dans une mention marginale.

Établi

Nom et filiation en 1907

Le registre de Pola donne Pustianaz, Michael Pustianaz et Euphemia Sandri. L’acte de décès de 1983 recoupe cette filiation.

Revendication documentée

Usage de « de Priel »

Le faire-part de 1983 et la mention de 1985 attestent un usage familial puis administratif de la forme composée.

Toujours ouvert

Fondement de la rectification

La décision du procureur et son dossier justificatif ne sont pas archivés dans le corpus actuel.

Un patronyme istrien documenté [Retour sommaire]

Pustianaz n’est pas un patronyme inventé tardivement. Des sources historiques le signalent en Istrie, notamment autour de Sanvincenti, aujourd’hui Svetvinčenat. La Gazzetta Ufficiale du 22 novembre 1934 publie plusieurs décrets préfectoraux datés de 1931 concernant des familles Pustianaz de cette commune, dont le nom est alors italianisé en « Postiani ».

Contexte indispensable : ces décrets relèvent de la politique d’italianisation de l’administration fasciste. Ils documentent l’implantation locale du nom ; leur vocabulaire de « restitution » ne constitue pas une preuve linguistique ou généalogique.

Pola, 1907 : la pièce centrale [Retour sommaire]

Registre contemporain

Josephus Henricus PUSTIANAZ

Né le 3 juillet 1907 à Pola et baptisé le 7 juillet. Parents : Michael PUSTIANAZ et Euphemia SANDRI.

La reproduction du feuillet est conservée dans le dossier documentaire du projet.

Pola appartient alors à l’Autriche-Hongrie. Cette pièce de 1907 est la source la plus proche de l’événement et la plus forte pour le nom et la filiation.

D’Ajaccio à l’Australie, 1934–1983 [Retour sommaire]

Ajaccio

L’acte de naissance d’Angèle nomme son père Joseph Pustianaz, cordonnier, né à Pola. Il reconnaît l’enfant et signe Giuseppe Pustianaz. La forme « Joseph » est celle rédigée par l’état civil ; son éventuelle francisation reste une interprétation.

Arrivée en Australie

Le dossier familial des Archives nationales australiennes regroupe Giuseppe, Dorotea et Sonia sous le seul nom PUSTIANAZ. La fiche de Sonia indique explicitement son arrivée à Melbourne le 11 avril ; cette date ne doit pas être étendue à tous les membres sans consulter l’intégralité du dossier.

Parkville, Victoria

La copie de l’acte de décès conservée au dossier enregistre Giuseppe PUSTIANAZ, 76 ans, fils de Michael Pustianaz et d’Euphemia Sandri. Les renseignements familiaux ont été fournis par son gendre : ils recoupent 1907, mais le registre de Pola reste prioritaire.

Acte de naissance d’Angèle Pustianaz à Ajaccio en 1934
Ajaccio, acte n° 109 de 1934. Le texte initial nomme Joseph Pustianaz ; la signature se lit « Giuseppe Pustianaz ».
Acte de décès de Giuseppe Pustianaz en 1983
Victoria, acte de décès n° 28411/83. Le fichier historique conserve l’orthographe « Guiseppe » dans son nom technique, mais le document concerne Giuseppe Pustianaz.
Dossier d’immigration australien de la famille Pustianaz
National Archives of Australia, dossier familial PUSTIANAZ, code-barres 1467632.
Fiche australienne de Sonia Pustianaz
National Archives of Australia, fiche de Sonia Pustianaz, code-barres 5914451.

Une revendication « de Priel » attestée dès 1983 [Retour sommaire]

Un faire-part familial de décembre 1983 emploie déjà les expressions « baron de Priel » et « baron du Saint-Empire ». Il démontre donc que la revendication existait avant la rectification marginale de 1985.

Faire-part familial de Giuseppe Pustianaz en décembre 1983
Un faire-part est une publication familiale : il prouve l’usage de la désignation, non la validité juridique ou historique d’un titre.

La rectification de mars 1985 [Retour sommaire]

Détail de la mention marginale portée sur l’acte d’Angèle Pustianaz
La copie certifiée conservée par le projet porte une mention datée à Ajaccio du 28 mars 1985.

Transcription de la mention

« Rectifié par décision de Mr le Procureur de la République en date du 8-03-1985 en ce sens que le nom du père est PUSTIANAZ VON PRIEL. Ses prénoms sont Franz Joseph Henricus Marie, il est âgé de 26 ans et non de 28. Le nom de la mère est ZIULU Marie Geneviève et non SIOLO Geneviève. Ajaccio le 28-3-85. »

Ce que la pièce prouve : le contenu et la date de la mention visible sur cette copie.

Ce qu’elle ne prouve pas à elle seule : les motifs, les justificatifs examinés ou l’existence historique d’un titre. La décision distincte du procureur n’a pas été retrouvée dans les archives du projet.

L’anomalie signalée entre 2014 et 2019

Des échanges conservés par le projet, datés de 2014, 2016 et 2019, signalent qu’une copie ou un extrait délivré en 2014 ne montrait pas la mention visible sur la copie certifiée de 2019. La pièce exacte de 2014 et la réponse de la mairie manquent encore : omission sur une copie, extrait incomplet ou autre explication restent possibles. Le dossier ne permet donc pas de dater un ajout matériel après 2014.

Là où la filiation revendiquée se rompt [Retour sommaire]

Filiation documentée

Michael Pustianaz × Euphemia Sandri

Le registre contemporain de 1907 nomme ce couple comme parents de Josephus Henricus Pustianaz. L’acte de décès de 1983 reprend Michael Pustianaz et Euphemia Sandri.

Voir l’arbre documenté

Filiation revendiquée

« von Priel » × « d’Adda »

La chaîne publiée remplace notamment Euphemia Sandri par une supposée Euphemia d’Adda, puis remonte vers les Borghese et les La Rochefoucauld.

Voir l’arbre revendiqué

Le premier raccord vers d’Adda est contredit par la source contemporaine de 1907 et par le recoupement de 1983. La voie publiée vers les d’Adda, Borghese et La Rochefoucauld n’est donc pas établie. Cela ne démontre pas l’absence de toute parenté théorique par une autre branche ; cela invalide le raccord documentaire présenté.

Le caveau de Loyasse : une filiation gravée dans la pierre [Retour sommaire]

Cette photographie du monument funéraire du cimetière de Loyasse, à Lyon, réunit sur une même pierre les noms Ziulu, Brun, La Sausse, von Geramb, Pustianaz « von Priel » et Cheynet de Beaupré. Elle donne ainsi l’apparence d’une continuité familiale que les actes actuellement retrouvés ne confirment pas.

Inscriptions du caveau de Loyasse réunissant les noms Ziulu, La Sausse, von Geramb et Pustianaz von Priel
Cimetière de Loyasse, Lyon. Photographie conservée dans le dossier documentaire du projet. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Transcription des inscriptions visibles

Panneau gauche

« MATTHIEU ZIULU
GIUNCHETO (CORSE) 1909
LYON 1951 »

Panneau central

« À LA MÉMOIRE DE
MARIE BRUN
1902–1970 »

« EN CE LIEU REPOSE
LA BARONNE
JULIUS FERDINAND
VON GERAMB
NÉE LA SAUSSE
DÉCÉDÉE À LYON LE
22 FÉVRIER 1815
DANS SA 65e ANNÉE »

Panneau droit

« JEAN ZIULU
INDUSTRIEL À LYON
LEVIE (CORSE) 1898
LYON 1953 »

« MARIE
CHEYNET DE BEAUPRÉ
NÉE BARONNE
PUSTIANAZ VON PRIEL
AJACCIO 1934
LYON 2014 »

Inscription inférieure

« À LA MÉMOIRE DU
COLONEL FRANZ JOSEF HENRICUS MARIA PUSTIANAZ VON PRIEL
BARON DU SAINT-EMPIRE
NÉ À PULA LE 3 JUILLET 1907
DÉCÉDÉ À MELBOURNE LE 13 DÉ[CEM]BRE 1983 »

Pourquoi « von Priel » et Cheynet de Beaupré n’ont aucun lien documenté avec la famille La Sausse–von Geramb

La filiation donnée par les actes

Pustianaz × Sandri

Le registre de Pola de 1907 nomme Josephus Henricus Pustianaz, fils de Michael Pustianaz et d’Euphemia Sandri. L’acte de décès australien de 1983 recoupe cette filiation. Aucun de ces actes ne porte « von Priel », un titre, ou un ascendant La Sausse ou von Geramb. La formule « À la mémoire du » gravée pour Franz Josef Pustianaz n’affirme d’ailleurs pas qu’il repose dans ce caveau ; aucun acte de transfert depuis Melbourne ou d’inhumation à Loyasse n’a été retrouvé.

La filiation suggérée par la pierre

Un rapprochement sans acte

Le nom Cheynet de Beaupré apparaît ici par mariage avec une descendante Pustianaz. Ce mariage ne crée aucun lien généalogique avec les La Sausse–von Geramb. Aucun acte civil, religieux ou successoral retrouvé ne relie les branches Pustianaz ou Cheynet à cette famille.

Des inscriptions remaniées récemment

Les photographies conservées par les Archives municipales de Lyon en décembre 2011 et mars 2012 montrent encore les panneaux latéraux vierges. Sur une photographie de février 2017, les inscriptions concernant Mathieu Ziulu, Marie Brun, Jean Ziulu et Marie Cheynet de Beaupré sont présentes. Le rapprochement aujourd’hui visible a donc été composé ou complété entre mars 2012 et février 2017.

Le règlement des cimetières de Lyon explique comment un tel rapprochement matériel peut se produire sans parenté : ses articles 33 et 34 prévoient que des caveaux revenus dans le domaine privé de la Ville peuvent être vendus, puis acquis « en l’état ». La page officielle de Loyasse précise également que des concessions déjà équipées sont proposées, notamment lors de ventes aux enchères. Une nouvelle concession peut donc conserver un monument ancien et recevoir des noms récents ; la présence sur une même pierre ne vaut ni filiation ni transmission familiale du caveau.

En outre, l’inventaire publié par Pierre Beuf en 1834, qui se présente comme le relevé de tous les monuments et inscriptions de Loyasse, ne mentionne ni Geramb, ni Marie-Madeleine La Sausse. Il ne relève qu’une sépulture au nom de Pierre Lasausse, mort en 1823, sous le nº 273. Cela ne permet pas d’exclure un transfert ultérieur, mais la présence de Marie-Madeleine La Sausse dans ce caveau n’est pas documentée à cette date.

Conclusion : la pierre atteste seulement les inscriptions visibles au moment de la photographie. Leur juxtaposition ne remplace pas une filiation, ne date pas leur gravure et ne prouve pas que toutes les personnes nommées reposent dans le caveau.

Pièces encore recherchées [Retour sommaire]

  • la décision du procureur du 8 mars 1985 et son dossier justificatif ;
  • la copie exacte délivrée en 2014 et la réponse de l’état civil d’Ajaccio ;
  • l’acte de mariage de Giuseppe Pustianaz et Dora/Dorotea à Trieste ;
  • les actes originaux concernant Michael Pustianaz et Euphemia Sandri ;
  • tout acte indépendant d’octroi ou de reconnaissance du titre « von Priel » ;
  • le dossier de concession du caveau de Loyasse, les registres d’inhumation ou de transfert et les documents permettant de dater ses inscriptions.

Conclusion provisoire

Le corpus établit une continuité documentaire du patronyme Pustianaz de 1907 à 1983, puis l’usage de « de Priel » dans un faire-part de 1983 et l’apparition de PUSTIANAZ VON PRIEL dans une mention marginale datée de 1985. En l’état, il ne permet pas d’établir un usage ancien de la forme « von Priel », un titre nobiliaire ni la filiation revendiquée vers d’Adda, Borghese et La Rochefoucauld.

Sources institutionnelles et pièces citées

1. Državni arhiv u Pazinu — inventaire des registres et reproduction du registre de Pola conservée par le projet.

2. Gazzetta Ufficiale del Regno d’Italia, 22 novembre 1934, n° 274, décrets préfectoraux publiés aux pages 5354–5356.

3. National Archives of Australia — RecordSearch, dossiers 1467632 et 5914451.

4. Births, Deaths and Marriages Victoria — recherche historique, décès n° 28411/83.

5. Archives municipales de Lyon — « Tombe de la Baronne Von Geramb », mars 2012, 80PH/40/30–31.

6. Pierre Beuf, Le Cimetière de Loyasse, 1834 — relevé des monuments et inscriptions.

7. Archives municipales de Lyon — vues du monument, décembre 2011 et photographie de février 2017.

8. Ville de Lyon — règlement des cimetières, articles 33 et 34 : vente et revente en l’état de certains caveaux.

9. Ville de Lyon — cimetière de Loyasse ancien : concessions déjà équipées.